Acheter une propriété demande beaucoup plus qu’une mise de fonds et un versement hypothécaire mensuel. Une fois les clés en main, une série de frais récurrents s’inscrivent au budget chaque année : taxes, assurances, électricité, entretien. Mises bout à bout, ces dépenses s’additionnent rapidement et peuvent peser lourd sur le budget familial.
Au Québec, en 2026, le coût annuel réel d’une maison dépasse largement le versement hypothécaire. Avant de signer une offre d’achat, il vaut la peine de faire le calcul complet pour évaluer honnêtement sa capacité à assumer toutes ces dépenses à long terme.
En bref
Faire vivre une maison unifamiliale de 450 000 $ en banlieue de Montréal coûte environ 41 000 $ par année en 2026, soit près de 3 415 $ par mois. Ce total inclut :
- Le versement hypothécaire et l’assurance prêt ;
- Les taxes municipales et scolaires ;
- L’assurance habitation et vie ;
- Les services publics (électricité, télécommunications) ;
- L’entretien et les imprévus.
Le détail de chaque dépense est présenté dans les sections qui suivent.

Notre exemple : Le budget d’une maison à 450 000 $ en banlieue de Montréal
Pour rendre les chiffres concrets et faciliter les comparaisons d’une section à l’autre, cet article suit un même profil de propriété :
- Maison unifamiliale en banlieue de Montréal ;
- Prix d’achat de 450 000 $ ;
- Valeur foncière au rôle d’évaluation : 410 000 $ ;
- Mise de fonds de 5 % (22 500 $) ;
- Prêt hypothécaire de 427 500 $ ;
- Amortissement de 25 ans ;
- Taux fixe de 3,95 %.
Les chiffres présentés sont représentatifs de la réalité du marché en 2026, mais votre situation personnelle peut faire varier la facture à la hausse comme à la baisse.
Les versements hypothécaires
Pour la majorité des propriétaires, le prêt hypothécaire représente la plus grosse dépense annuelle. Son montant varie selon plusieurs facteurs :
- Le prix de la propriété ;
- La mise de fonds (5 %, 10 %, 20 %) ;
- Le type de prêt (fermé, ouvert, conventionnel, subsidiaire) ;
- Le taux d’intérêt, fixe ou variable ;
- La période d’amortissement (15, 20, 25 ou 30 ans).
Dans notre exemple, le prêt de 427 500 $ remboursé sur 25 ans à un taux fixe de 3,95 % se traduit par des paiements mensuels d’environ 2240 $, soit près de 26 880 $ par année.
À noter
Ce calcul ne tient pas compte de la prime d’assurance prêt hypothécaire, obligatoire avec une mise de fonds de moins de 20 %. En pratique, elle est intégrée au versement mensuel, mais nous la traitons à part dans la section suivante pour en isoler le coût.
L’assurance prêt hypothécaire
Si votre mise de fonds est inférieure à 20 %, vous devez obligatoirement souscrire à une assurance prêt hypothécaire. Cette assurance protège le prêteur et non l’acheteur. Elle permet à l’institution financière d’accorder une hypothèque malgré une mise de fonds modeste : si vous ne pouviez plus rembourser, c’est elle qui serait indemnisée.
Plus votre mise de fonds est faible, plus la prime est élevée. Dans notre exemple, avec 5 % de mise de fonds, elle atteint environ 4 % du prêt, soit 17 100 $.
La plupart des acheteurs l’ajoutent directement à l’hypothèque. Résultat : le versement mensuel grimpe alors légèrement et les intérêts s’ajoutent sur la prime pendant toute la durée de l’amortissement. Sur 25 ans à 3,95 %, comptez environ 1080 $ de plus par année, soit 90 $ de plus sur vos versements hypothécaires.
À noter
La TVQ de 9,975 % s’applique à la prime et ne peut pas être ajoutée à l’hypothèque. Elle doit être réglée chez le notaire au moment de la signature, soit environ 1706 $.

Le remboursement du RAP
Si vous avez utilisé le Régime d’accession à la propriété (RAP) pour financer votre mise de fonds, le remboursement s’inscrit dans votre budget annuel pendant quinze ans.
Le RAP permet de retirer jusqu’à 60 000 $ par personne de votre REER (120 000 $ pour un couple), sans imposition immédiate. Cependant, vous devez commencer à le rembourser environ deux ans après le retrait, à raison d’un quinzième du montant retiré chaque année.
Pour notre exemple, une mise de fonds de 22 500 $ tirée intégralement du REER se traduit par un remboursement annuel de 1 500 $, soit environ 125 $ par mois.
L’assurance habitation
L’assurance habitation n’est pas obligatoire au Québec, mais aucune institution financière n’accorde une hypothèque sans preuve de couverture. En pratique, tout propriétaire en détient une.
Selon le Bureau d’assurance du Canada, la prime moyenne pour un propriétaire-occupant au Québec tourne autour de 1300 $ par année. Cela dit, le montant varie énormément d’un propriétaire à l’autre, selon plusieurs facteurs :
- Le niveau de protection choisi ;
- L’emplacement de la propriété ;
- L’âge, l’état et les matériaux de construction de la maison ;
- Le montant de la franchise ;
- L’historique de réclamation du propriétaire.
Pour notre maison à 450 000 $ en banlieue de Montréal, comptons environ 1400 $ par année ou environ 116 $ par mois.
L’assurance vie (hypothécaire ou personnelle)
Contrairement à l’assurance prêt hypothécaire, l’assurance vie n’est pas obligatoire. Elle protège plutôt vos proches : en cas de décès, le capital assuré leur permet de rembourser l’hypothèque sans pression financière.
Deux options s’offrent à vous :
- L’assurance vie hypothécaire : proposée par votre institution financière au moment de la souscription du prêt. En cas de décès, elle rembourse l’hypothèque directement à la banque.
- L’assurance vie individuelle (temporaire ou permanente) : contractée auprès d’un assureur ou par l’entremise d’un conseiller en sécurité financière. Le capital est versé à votre bénéficiaire qui décide ensuite de son utilisation.
Le coût dépend de l’âge, de la santé, du statut de fumeur et du type de couverture. À couverture égale, l’assurance vie personnelle est presque toujours plus avantageuse. La prime est plus stable et le capital revient à vos proches plutôt qu’à la banque, ce qui leur laisse la flexibilité de l’utiliser comme ils le souhaitent.
Pour notre acheteur dans la trentaine, non-fumeur, une couverture temporaire de 500 000 $ coûte entre 20 $ à 30 $ par mois. On ajoute donc 240 $ à 360 $ par année à notre budget.

La taxe municipale
La taxe municipale finance les services offerts par votre municipalité : voirie, déneigement, parcs, collecte des matières résiduelles, service d’incendie, etc.
Elle se calcule en multipliant la valeur foncière inscrite au rôle d’évaluation municipal par le taux de taxation en vigueur.
Les taux varient énormément d’une ville à l’autre au Québec. Pour 2026 :
- À Montréal, le taux global se situe autour de 0,66 $ par tranche de 100 $ ;
- À Laval et à Québec, les taux globaux tournent autour de 0,45 $ à 0,55 $ par tranche de 100 $ ;
- À Longueuil et plusieurs villes de banlieue, les taux se situent entre 0,40 $ et 0,55 $.
Pour notre maison en banlieue de Montréal, avec une valeur au rôle de 410 000 $ et un taux moyen de 0,50 $ par 100 $ d’évaluation, la facture annuelle de taxes municipales se situe autour de 2 050 $, qui équivaut à environ 170 $ mensuellement.
La taxe scolaire
La taxe scolaire contribue au financement du système d’éducation public au Québec. Depuis 2020, le taux est uniformisé à l’échelle de la province. Pour 2025-2026, il est fixé à 0,084 23 $ par tranche de 100 $ d’évaluation.
Une exemption sur la première tranche de 25 000 $ de la valeur foncière s’applique à toute résidence principale. Pour notre maison en banlieue de Montréal, avec une valeur au rôle de 410 000 $, la taxe scolaire annuelle s’élève à environ 325 $.
Les services publics
Prises séparément, les factures courantes semblent anodines. Mais additionnées au budget annuel, elles représentent plusieurs milliers de dollars :
- L’électricité représente habituellement la plus grosse part. Pour une maison unifamiliale chauffée à l’électricité, la facture annuelle moyenne se situe entre 2 000 $ et 3 000 $.
- Les télécommunications (internet, téléphone, résidentiel, télévision) coûtent entre 500 $ et 1200 $ par année selon les forfaits choisis.
Pour notre maison en banlieue de Montréal, comptons environ 2 950 $ par année au total ou 245 $ par mois.
L’entretien et les imprévus
Être propriétaire implique deux types de dépenses d’entretien qui méritent leur place dans le budget annuel :
- L’entretien régulier (toiture, gouttières, climatisation, peinture, paysagement) qu’on peut planifier. Il garde la maison en bon état et préserve sa valeur au fil des années ;
- Les imprévus qui surgissent au moment où on s’y attend le moins : un chauffe-eau qui brise, une thermopompe en fin de vie, un électroménager à remplacer.
La règle généralement admise au Québec est de prévoir entre 1 % et 3 % de la valeur de la propriété par année. Pour notre maison à 450 000 $, cela représente entre 4 500 $ et 13 500 $ par année.
Dans la réalité, peu de propriétaires épargnent un tel montant. Viser même 1 % par année dans un compte épargne (autour de 4 500 $ pour notre exemple) est déjà une bonne façon de garder le contrôle sur son budget de propriétaire.

Frais annuels pour une maison : exemple chiffré
Reprenons notre exemple : une maison unifamiliale à 450 000 $ en banlieue de Montréal, avec une mise de fonds de 5 % et une hypothèque sur 25 ans à un taux fixe de 3,95 %. Voici l’addition annuelle réaliste pour 2026 :
| Poste de dépense | Par mois | Par année |
| Versements hypothécaires | 2 240 $ | 26 880 $ |
| Assurance prêt hypothécaire | 90 $ | 1 080 $ |
| Remboursement du RAP | 125 $ | 1 500 $ |
| Assurance habitation | 116 $ | 1 400 $ |
| Assurance vie | 25 $ | 300 $ |
| Taxe foncière | 170 $ | 2 050 $ |
| Taxe scolaire | 27 $ | 325 $ |
| Services publics | 245 $ | 2 950 $ |
| Entretien et imprévus | 375 $ | 4 500 $ |
| Total | 3 413 $ | 40 985 $ |
Total annuel : environ 41 000 $, soit près de 3 415 $ par mois. Ces dépenses s’additionnent rapidement, ce qui rend essentielle l’évaluation honnête de sa capacité à les assumer avant l’achat.
Et si vous achetez un condo ?
Si vous achetez un condo, plutôt qu’une maison unifamiliale, des frais de copropriété (frais de condo) s’ajoutent au budget annuel. Ces frais couvrent l’entretien des parties communes, la gestion de l’immeuble, la contribution au fonds de prévoyance et au fonds d’assurance.
Selon les données de l’industrie, la moyenne au Québec tourne autour de 3432 $ par année, soit environ 286 $ par mois. En contrepartie, un copropriétaire paie habituellement moins d’entretien individuel et une assurance habitation plus modeste.
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