Au Québec, l’achat d’une copropriété s’accompagne d’une réalité financière incontournable : les frais de copropriété, aussi appelés frais de condo ou charges communes. Versés chaque mois par tous les copropriétaires, ils servent à assurer l’entretien de l’immeuble, à financer les fonds obligatoires et à anticiper les travaux à venir.
Avec la hausse marquée de ces frais dans les dernières années et l’entrée en vigueur de nouvelles obligations légales, il devient essentiel de bien comprendre comment ils fonctionnent avant de s’engager. Voici l’essentiel à savoir.
En bref
- Au Québec, les frais de copropriétés sont une obligation légale pour tous les copropriétaires et servent à financer l’entretien de l’immeuble et les fonds obligatoires.
- Les frais médians ont doublé en dix ans, passant de 1 716 $ en 2015 à 3 432 $ par année en 2025 selon l’APCIQ.
- La loi 16, en vigueur depuis janvier 2020, impose un minimum de 5 % des charges communes au fonds de prévoyance.
- D’ici le 14 août 2028, les copropriétés devront avoir une étude du fonds de prévoyance et un carnet d’entretien.
- Des frais anormalement bas peuvent être un signal d’alerte à surveiller avant l’achat.

Qu’est-ce que les frais de copropriété ?
Les frais de copropriété, aussi appelés frais de condo ou charges communes, sont les sommes que chaque copropriétaire verse mensuellement au syndicat de copropriété pour assurer le bon fonctionnement de l’immeuble. Ils servent à couvrir les dépenses partagées, comme l’entretien des parties communs et l’alimentation des fonds obligatoires.
Au Québec, les frais de condo sont une obligation légale. Tous les copropriétaires doivent contribuer aux dépenses communes selon leur quote-part, c’est-à-dire la portion calculée en fonction de la valeur relative de leur unité dans l’immeuble. Cette répartition, établie dans la déclaration de copropriété, garantit une contribution équitable de chaque propriété.
Que couvrent les frais de copropriété ?
Les frais de copropriétés servent à financer toutes les dépenses nécessaires au bon fonctionnement et à l’entretien d’un immeuble en copropriété. Concrètement, ils permettent au syndicat d’assurer la qualité, la sécurité et la pérennité des parties communes au quotidien.
Voici les principales dépenses généralement couvertes :
- L’entretien régulier des espaces communs, qu’il s’agisse des halls, des couloirs, des ascenseurs, de la piscine ou des jardins.
- Les réparations ponctuelles des parties communes, pour préserver la sécurité et le bon fonctionnement des installations.
- La gestion administrative, qui inclut le salaire du personnel, la comptabilité, la gestion financière et les honoraires juridiques en cas de litige.
- Les services communs comme le chauffage, la climatisation, l’électricité et l’eau utilisés dans les parties communes.
- L’assurance de l’immeuble qui couvre les dommages aux parties communes.
- La sécurité qui peut comprendre les caméras de surveillance, les gardiens ou les systèmes d’alarme.
Comment sont calculés les frais de copropriété ?
Le montant des frais de copropriété se fait en deux étapes : il faut d’abord établir le montant total nécessaire chaque année, puis le répartir entre les copropriétaires.
1. L’établissement du montant total
Le montant global des frais de copropriété est établi chaque année par le conseil d’administration du syndicat de copropriété. Il correspond au budget annuel prévu pour l’ensemble des dépenses communes : entretien, salaires, assurances, ainsi que les contributions aux fonds obligatoires. Ce budget prévisionnel est présenté et discuté lors de l’assemblée générale annuelle des copropriétaires, puis adopté par le conseil d’administration.
2. La répartition entre les copropriétaires
Une fois le total établi, le montant est ensuite réparti entre les copropriétaires selon la valeur relative de chaque unité dans l’immeuble. Cette valeur, indiquée dans la déclaration de copropriété, est exprimée sous forme de pourcentage ou de fraction de l’ensemble de la copropriété.
La valeur relative est déterminée selon plusieurs critères :
- La destination de l’unité : résidentielle ou commerciale ;
- Les dimensions : superficie ou volume de l’unité ;
- L’emplacement dans l’immeuble : vue, étage, proximité d’un ascenseur ou d’une chute à déchets ;
- Les caractéristiques particulières : présence d’un balcon, d’une terrasse, d’un espace de rangement, etc.

Quel est le montant moyen des frais de condo au Québec ?
Selon les données les plus récentes de l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), les frais de copropriétés ont fortement augmenté ces dernières années. En effet, les frais médians ont doublé en dix ans, passant de 1716 $ par année en 2015 à 3432 $ en 2025, soit environ 286 $ par mois.
Le montant exact varie toutefois selon plusieurs facteurs : la région, l’âge de l’immeuble, la taille de la copropriété et les services offerts. Plus un immeuble est bien équipé (piscine, salle de sport, concierge, sécurité), plus les frais ont tendance à être élevés.
Il est donc essentiel de bien analyser ces frais avant l’achat d’un condo, puisqu’ils peuvent peser lourd sur les charges mensuelles fixes du futur propriétaire.
Les fonds obligatoires en copropriété
Au Québec, les frais de copropriété ne servent pas seulement à couvrir les dépenses courantes. Ils alimentent aussi deux fonds obligatoires qui jouent un rôle essentiel dans la santé financière d’un immeuble : le fonds de prévoyance et le fonds d’autoassurance. Ces deux mécanismes, encadrés par la loi, expliquent d’ailleurs en bonne partie la hausse récente des frais de copropriété dans la province.
1. Le fonds de prévoyance
Le fonds de prévoyance est une réserve d’argent constituée à partir des contributions des copropriétaires, destinée à financer les réparations majeures dans les parties communes (toiture, structure, stationnement, ascenseur, etc.). Ce fonds appartient au syndicat de copropriété et n’est pas remboursable en cas de vente d’un condo.
Depuis l’entrée à vigueur de la loi 16 en janvier 2020, ce fonds doit représenter au minimum 5 % des charges communes. Les experts considèrent toutefois ce seuil souvent insuffisant et recommandent plutôt un montant équivalent à 0,5 % à 1 % de la valeur de reconstruction de l’immeuble.
L’étude du fonds de prévoyance et le carnet d’entretien
Pour mieux encadrer la gestion des copropriétés, un règlement complémentaire adopté en 2025 a introduit deux nouvelles obligations : l’étude du fonds de prévoyance et le carnet d’entretien. Ces deux outils visent à donner au syndicat et aux copropriétaires une vision plus claire et plus durable de l’état financier et physique de l’immeuble.
- L’étude du fonds de prévoyance doit être réalisée par un professionnel autorisé (ingénieur, architecte, technologue professionnel). Elle évalue les besoins de financement de l’immeuble sur une période d’au moins 25 ans et recommande le montant que le fonds devrait contenir années après année, ainsi que les sommes à verser. Elle doit être renouvelée tous les cinq ans.
- Le carnet d’entretien, lui, dresse l’inventaire des parties communes, évalue leur état actuel, leur durée de vie restante et planifie les réparations majeures sur une période d’au moins 25 ans. Il doit lui aussi être tenu par un professionnel indépendant et mis à jour au minimum une fois par année.
Pour les copropriétés existantes, la date butoir pour se confirmer à ces obligations est fixée au 14 août 2028.
2. Le fonds d’autoassurance
Depuis la réforme du Code civil du Québec, le fonds d’autoassurance est obligatoire pour toutes les copropriétés divises. Il permet au syndicat de rapidement couvrir le coût de la franchise d’assurance en cas de sinistre, qu’il s’agisse de l’assurance de l’immeuble ou de l’assurance responsabilité civile du syndicat.
Sans ce fonds, le syndicat devra puiser dans le fonds de prévoyance ou imposer une cotisation spéciale pour assumer ces frais. Il représente donc une protection supplémentaire pour les copropriétaires.
Pourquoi se méfier des frais de copropriété trop bas ?
À la lumière de tous ces fonds et obligations, des frais de copropriété anormalement bas devraient toujours soulever des questions. Ils peuvent sembler attrayants au premier regard, mais ils cachent souvent des risques importants. Cette sous-évaluation est parfois une stratégie utilisée par les promoteurs pour attirer des acheteurs, sans tenir compte des coûts réels à long terme.
Des frais trop bas peuvent aussi révéler un manque d’entretien, le report de travaux majeurs ou une sous-alimentation du fonds de prévoyance. Le résultat est presque toujours le même : une hausse notable des frais, parfois abrupte, dans les années suivant l’acquisition du condo.
Dans ces cas, le risque d’une cotisation spéciale coûteuse devient bien réel. Heureusement, il existe plusieurs moyens de réduire ce risque, à condition de savoir ce qu’il faut surveiller.

Comment éviter les cotisations spéciales ?
Les cotisations spéciales, aussi appelées cotisations extraordinaires, sont des sommes importantes que les copropriétaires doivent verser ponctuellement lorsque le fonds de prévoyance est insuffisant pour couvrir une dépense majeure ou imprévue. Pour les futurs acheteurs, le meilleur moyen d’éviter cette mauvaise surprise est de bien évaluer la santé financière de la copropriété avant de s’engager.
Voici les principaux signaux à surveiller avant l’achat d’un condo :
- L’état du fonds de prévoyance : son montant actuel correspond-il aux recommandations (entre 0,5 % et 1 % de la valeur de reconstruction) ?
- L’existence d’une étude du fonds de prévoyance et d’un carnet d’entretien à jour.
- L’historique des cotisations spéciales dans les dernières années (un bon indicateur de la gestion passée).
- Le contenu des derniers procès-verbaux d’AGA (annoncent-ils des travaux majeurs à venir ?).
- La cohérence des frais de copropriété avec la taille, l’âge et les services de l’immeuble.
Examiner ces éléments avant l’achat permet de faire un choix éclairé et de limiter les mauvaises surprises quelques années après l’acquisition.
FAQ — Frais de copropriété
Est-ce que les frais de condo sont obligatoires dans les copropriétés divises ?
Oui. Au Québec, les frais de condo sont une obligat6ion légale prévue par le Code civil. Tous les copropriétaires d’une copropriété divise doivent y contribuer mensuellement, selon la quote-part.
Les frais de copropriété augmentent-ils chaque année ?
Les frais n’augmentent pas nécessairement chaque année, mais ils ont tendance à augmenter avec le temps. Selon l’APCIQ, les frais médians ont doublé en dix ans au Québec, passant de 1 716 $ en 2015 à 3 432 $ en 2025, en raison de l’inflation et des nouvelles obligations légales (loi 16, fonds d’autoassurance, étude du fonds de prévoyance).
Les frais de copropriété couvrent-ils l’assurance habitation personnelle ?
Non. Les frais de copropriété couvrent uniquement l’assurance de l’immeuble et des parties communes. Chaque copropriétaire doit souscrire séparément une assurance habitation pour son unité, qui couvre ses biens personnels et sa responsabilité civile.
Quelle est la différence entre frais de copropriété et cotisation spéciale ?
Les frais de copropriété sont des contributions mensuelles régulières qui financent l’entretien courant et alimentent les fonds obligatoires. Les cotisations spéciales sont des sommes ponctuelles imposées par le syndicat lorsque le fonds de prévoyance est insuffisant pour couvrir une dépense majeure ou imprévue.
Que se passe-t-il en cas de non-paiement des frais de copropriété ?
En cas de non-paiement, le syndicat de copropriété peut imposer différentes mesures, allant du simple avis aux démarches judiciaires, selon la gravité de la situation. Dans les cas extrêmes, le conseil d’administration peut même obtenir l’autorisation de vendre la propriété du copropriétaire en défaut afin de récupérer les sommes dues.
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