4 mars 2026Icône de temps de lecture10 min

Hériter d’une maison: que faire avec la propriété?

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hériter d’une maison: que faire avec la propriété?

Le décès d’un proche entraîne son lot d’émotions et de responsabilités. Lorsque s’ajoute l’héritage d’une maison, des décisions importantes doivent être prises rapidement, souvent dans un contexte déjà éprouvant. Conserver la propriété, la vendre, la partager avec d’autres héritiers : chaque option comporte des implications juridiques, financières et pratiques.

Hériter d’un bien immobilier au Québec soulève plusieurs questions liées à la succession, aux dettes éventuelles, aux obligations fiscales et aux droits des héritiers. Cet article présente les éléments essentiels à considérer afin de prendre une décision éclairée et adaptée à votre situation.

En bref

  • En l’absence de testament, la maison est transmise selon les règles du Code civil du Québec, en fonction de la situation familiale.
  • Lorsqu’il y a plusieurs héritiers, trois options principales existent : racheter les parts, conserver la maison en copropriété ou la vendre.
  • Une hypothèque ne prend pas fin au décès : les dettes liées à la propriété doivent être vérifiées et réglées avant le partage.
  • Hériter d’une maison n’est pas imposable au Québec, mais un impôt sur le gain en capital peut s’appliquer dans certains cas.
  • Il est possible de refuser une succession, mais la renonciation doit être faite dans les délais légaux et demeure irrévocable.

Qui hérite de la maison après un décès ?

Lorsqu’un testament valide existe, la maison est transmise aux personnes désignées par le défunt, conformément à ses volontés.

Lorsqu’une recherche testamentaire est effectuée et qu’il n’existe pas de testament, la succession est réglée selon les règles prévues au Code civil du Québec. La répartition dépend alors de la situation familiale au moment du décès.

  • Si le défunt était marié (ou uni civilement) et avait des enfants : la succession est partagée entre le conjoint survivant et les enfants, selon les proportions prévues par la loi. 
  • Si le défunt était marié (ou uni civilement) sans enfants : le conjoint survivant reçoit une part plus importante, laquelle varie selon la présence d’autres membres de la famille (parents, frères et sœurs).
  • Si le défunt n’était ni marié ni uni civilement, mais avait des enfants : les enfants héritent à parts égales, qu’ils soient biologiques ou adoptés.
  • Si le défunt vivait en union de fait : le conjoint de fait n’est pas reconnu comme héritier légal au Québec. À défaut d’être désigné dans un testament, il n’a aucun droit automatique sur la maison.

Jeune femme héritière avec un homme âgé

Hériter d’une maison à plusieurs : que faire ?

Lorsqu’une maison est léguée à plusieurs héritiers, comme des frères et sœurs, des décisions communes doivent être prises. Une entente claire et une communication ouverte permettent de réduire les tensions et faciliter le règlement de la succession.

Dans cette situation, trois avenues sont généralement envisagées : racheter les parts des autres héritiers, conserver la propriété en copropriété ou vendre la maison et partager le produit de la vente.

1. Racheter les parts des autres héritiers

Si un héritier souhaite conserver la maison alors que les autres préfèrent vendre, il est possible de racheter leurs parts. Cette démarche permet à une seule personne de devenir propriétaire, en versant aux autres héritiers une somme équivalente à la valeur de leur part successorale.

Le rachat nécessite généralement un financement adéquat et peut impliquer l’obtention d’un nouveau prêt hypothécaire. Afin d’assurer un partage équitable, il est fortement recommandé de faire établir la juste valeur marchande de la propriété par un évaluateur agréé.

2. Conserver la maison en copropriété 

Si tous les héritiers souhaitent garder la maison, celle-ci peut être conservée en copropriété. Il est alors essentiel de s’entendre sur son usage et sur les modalités de gestion. La propriété peut notamment être :

  • Utilisée comme résidence secondaire commune ;
  • Mise en location afin de générer des revenus ;
  • Transformée en habitation intergénérationnelle ;
  • Affectée à toute autre utilisation convenue entre les héritiers.

Dans tous les cas, les copropriétaires doivent établir clairement le partage des frais ainsi que les règles de prise de décision. Une entente écrite est fortement recommandée afin d’éviter les malentendus et de protéger les intérêts de chacun.

3. Vendre la propriété

Vendre une maison reçue en héritage au Québec permet de liquider l’actif et de répartir le produit de la vente entre les héritiers selon leurs parts respectives dans la succession. Cette option exige généralement l’accord de tous les copropriétaires et peut constituer la solution la plus simple lorsque personne ne souhaite conserver la propriété ou assumer sa gestion à long terme.

Avant de mettre la maison en vente, certaines vérifications sont nécessaires, notamment l’état du titre de propriété, la présence d’une hypothèque ou de dettes liées à l’immeuble. Le produit de la vente servira d’abord à régler ces obligations, puis le solde sera distribué entre les héritiers.

Il est fortement recommandé de faire appel à un courtier immobilier afin d’obtenir une estimation juste de la valeur marchande, d’encadrer la mise en vente et de faciliter les démarches jusqu’à la signature de l’acte notarié.

Quoi faire en cas de désaccords ?

Lorsque les héritiers ne parviennent pas à s’entendre sur l’avenir de la maison, la situation peut rapidement se compliquer. La médiation constitue souvent une première solution pour favoriser un dialogue encadré. À défaut d’entente, un recours judiciaire peut être envisagé afin qu’un tribunal tranche la situation.

Dans ce contexte, l’accompagnement de professionnels peut s’avérer utile, notamment :

  • Un notaire en droit successoral pour clarifier les droits de chacun ;
  • Un planificateur successoral pour orienter les décisions à moyen et long terme ;
  • Un conseiller financier ou un comptable afin d’évaluer les impacts fiscaux et financiers.

Des professionnels peuvent vous aider à faire toutes les vérifications requises concernant la maison héritée

Combien de temps pour régler une succession au Québec ?

Le règlement d’une succession au Québec prend généralement entre 6 mois et 1 an. Ce délai varie toutefois selon la complexité du dossier, le nombre d’héritiers, la présence ou non d’un testament et l’existence de désaccord. Lorsque la succession comprend des litiges, des dettes importantes ou plusieurs biens immobiliers, le processus pour s’étendre sur plusieurs années.

Avant de décider : est-ce réaliste de conserver la maison ?

Hériter d’une propriété ne signifie pas nécessairement qu’il est préférable de la conserver. Avant de prendre une décision, il est important d’analyser la situation de façon objective, en tenant compte à la fois des aspects financiers, de l’état de la maison et de sa valeur réelle sur le marché.

1. L’historique et les charges liées à la propriété

Avant de décider de conserver une maison héritée, il est essentiel de comprendre les dépenses qu’elle implique et les investissements déjà réalisés. Cette analyse permet d’évaluer si la propriété est financièrement soutenable. Il est recommandé de vérifier :

  • Les travaux effectués au cours des dernières années (toiture, fondation, système de chauffage, rénovations majeures) ;
  • Les coûts récurrents comme les taxes municipales et scolaires, les assurances et les services publics.
  • Les contrats ou engagements en cours tels que l’entretien, le déneigement ou la gestion locative.

Ce portrait financier aide à déterminer si la maison constitue un actif viable ou une charge importante à long terme.

2. La présence d’une hypothèque

Une hypothèque ne prend pas fin au décès du propriétaire. Il est donc important de vérifier si la maison est toujours grevée d’un prêt, notamment en consultant le registre foncier ou en confirmant les dettes dans le cadre du règlement de la succession.

Le notaire chargé du dossier veillera à ce que toute dette liée à la propriété soit réglée avant la transmission officielle aux héritiers. Si une hypothèque subsiste, plusieurs options peuvent être envisagées :

  • Assumer l’hypothèque : si les conditions du prêt et l’institution financière le permettent, les héritiers peuvent poursuivre les paiements et maintenir le financement en place.
  • Contracter une nouvelle hypothèque : il est possible de refinancer la propriété afin de reprendre le prêt à son nom ou de racheter les parts des autres héritiers.
  • Vendre la propriété : le produit de la vente servira d’abord à rembourser le solde hypothécaire avant que le montant restant soit distribué entre les héritiers.

3. La valeur marchande de la maison

Au-delà de l’attachement émotionnel, il est essentiel de connaître la valeur marchande réelle de la propriété. Une évaluation professionnelle permet de situer la maison sur le marché actuel, d’estimer son potentiel de revente et de déterminer si sa conservation est financièrement justifiée compte tenu des dépenses à prévoir.

4. L’état de la propriété

Hériter d’une maison, c’est aussi en assumer l’état et les responsabilités qui en découlent. Selon la condition du bâtiment, cela peut impliquer des travaux mineurs ou des rénovations plus importantes afin d’assurer la sécurité et la fonctionnalité des lieux.

Avant de décider de conserver ou de vendre la propriété, une visite approfondie s’impose. Le recours à un inspecteur en bâtiment permet d’obtenir un portrait objectif de la situation et d’éviter les mauvaises surprises. Une inspection professionnelle aide notamment à :

  • Repérer les problèmes structurels ou techniques ;
  • Identifier les travaux prioritaires ;
  • Estimer les coûts liés aux réparations ou à la remise en état.

Hériter d'une maison : est-ce imposable ? Y a-t-il encore une hypothèque?

L’héritage est-il imposable au Québec ?

Au Québec, il n’existe pas d’impôt sur les successions. Hériter d’une maison n’entraîne donc pas, en soi, le paiement d’un impôt.

Lorsque la propriété était la résidence principale du défunt, aucun impôt sur le gain en capital n’est généralement exigible. En revanche, si le bien transmis est une résidence secondaire ou un immeuble locatif, un impôt sur le gain en capital peut s’appliquer.

Refuser l’héritage : un droit légitime

Refuser une maison en héritage peut sembler surprenant, mais cette décision est parfois justifiée pour des raisons financières, personnelles ou juridiques.

Au Québec, le successeur dispose généralement d’un délai de 6 mois suivant l’ouverture de la succession ou la date du décès pour accepter ou refuser l’héritage. Il est toutefois prudent d’attendre la fin de l’inventaire des biens afin de connaître précisément les actifs et les dettes avant de prendre une décision.

Qui hérite en cas de refus ?

Si d’autres héritiers légaux existent, la part refusée leur est redistribuée selon les règles du Code civil du Québec. En l’absence d’héritiers, les biens sont dévolus à l’État.

Il est important de comprendre que la renonciation à une succession est irrévocable. Elle doit donc être mûrement réfléchie et prise en toute connaissance des conséquences.

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