19 février 2026Icône de temps de lecture8 min

Comment donner sa maison de son vivant au québec?

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Comment donner sa maison de son vivant au Québec?

Transférer la propriété de sa maison, de son chalet ou d’une résidence secondaire à ses enfants de son vivant est une décision importante. Que ce soit pour planifier une succession, soutenir financièrement un proche ou simplifier la transmission du patrimoine familial, une telle démarche doit être soigneusement réfléchie.

Faire un don de propriété n’est pas un simple geste administratif. Cette décision entraîne des conséquences juridiques, fiscales et personnelles qui peuvent avoir un impact significatif, tant pour le donateur que pour le bénéficiaire.

Avant d’aller de l’avant, il est essentiel de comprendre les règles applicables au Québec, les coûts à prévoir et les impacts fiscaux possibles. Voici les éléments clés à connaître.

En bref

  1. Il est légal de donner sa maison de son vivant au Québec, mais la donation doit être faite devant un notaire et publiée au registre foncier.
  2. Fiscalement, le don est traité comme une vente à la valeur marchande, ce qui peut entraîner un impôt sur le gain en capital, sauf pour une résidence principale admissible.
  3. La donation est définitive, ce qui signifie que vous perdez officiellement vos droits de propriété après le transfert.
  4. Des frais sont à prévoir, notamment les honoraires du notaire, l’évaluation et, au besoin, l’impôt applicable.
  5. Le don d’équité est une alternative intéressante, permettant de vendre à prix réduit à son enfant et d’utiliser la différence comme mise de fonds.

Est-il possible de donner sa maison de son vivant ?

Oui, il est tout à fait possible de transférer sa maison à un proche de son vivant. Contrairement à une transmission par succession, la donation permet d’effectuer le transfert immédiatement, selon vos propres conditions.

Cependant, ce type de démarche ne se limite pas à un simple changement de propriétaire. Un don immobilier modifie officiellement les droits de propriété, peut entraîner des impacts fiscaux et réduit définitivement votre patrimoine. Une fois la donation publiée au registre foncier, le transfert devient irrévocable, sauf exception.

Autrement dit, donner sa maison de son vivant est une option légale au Québec, mais elle doit s’inscrire dans une réflexion globale sur votre situation financière, familiale et successorale.

Couple de personnes âgées se faisant conseiller

Comment transmettre sa maison de son vivant ?

Si vous souhaitez transférer votre propriété avant votre décès, la voie à privilégier est la donation immobilière. La donation consiste à céder gratuitement vos droits de propriété à une autre personne, appelée le donataire. Il peut s’agit d’un enfant, d’une membre de la famille ou de toute autre personne de votre choix.

Contrairement à une succession, la donation prend effet immédiatement et non au moment du décès. Une fois l’acte signé et publié au registre foncier, le transfert devient officiel et le nouveau propriétaire détient tous les droits sur l’immeuble.

Cependant, cette démarche comporte des implications juridiques et fiscales importantes qu’il est essentiel d’analyser avant de procéder.

La donation d’un immeuble

Il est possible de transférer un bien immobilier de son vivant par le biais d’une donation. Dans ce cas, le propriétaire (le donateur) cède gratuitement ses droits de propriété à une autre personne (le donataire).

Le cas échéant, la donation constitue un transfert immédiat et définitif de propriété. Pour être valide, elle doit respecter certaines conditions :

  • Le donateur doit avoir la capacité légale de disposer de ses biens ;
  • Le donataire doit accepter la donation ;
  • L’acte doit obligatoirement être signé devant notaire ;
  • La donation doit être publiée au registre foncier.

Une fois complété, le transfert devient officiel et opposable à tous.

Quelles sont les conséquences fiscales d’un don d’immeuble ?

Sur le plan fiscal, un don immobilier est traité comme une vente à la juste valeur marchande, même si aucun montant n’est versé. Autrement dit, les autorités fiscales considèrent que vous avez vendu la propriété à sa valeur marchande au moment du transfert. En pratique :

  • Si la propriété a pris de la valeur depuis son acquisition, le donateur peut devoir payer de l’impôt sur le gain en capital réalisé ;
  • Si des déductions pour amortissement ont été réclamées dans le passé (notamment pour un immeuble locatif), une récupération d’amortissement pourrait s’appliquer ;
  • Le donataire est réputé avoir acquis l’immeuble à sa juste valeur marchande, ce qui servira de base pour le calcul d’un éventuel gain en capital lors d’une revente future.

De règle générale, si l’immeuble constitue votre résidence principale et que toutes les conditions de l’exemption sont respectées, le gain en capital peut être entièrement exonéré d’impôt.

Ainsi, même en l’absence d’échange d’argent, une donation peut entraîner des conséquences fiscales significatives pour le donateur. Une analyse préalable avec un notaire ou un fiscaliste est donc fortement recommandée.

Un donateur donne sa maison au donataire

Quels sont les avantages de donner sa résidence principale de son vivant ?

La donation de sa résidence principale peut, dans certains contextes, présenter des avantages sur le plan familial et successoral. Toutefois, ces bénéfices doivent toujours être évalués en fonction de votre situation personnelle et financière. Parmi les principaux avantages :

  • Soutenir un proche dès maintenant : le transfert peut permettre à un enfant ou à un membre de la famille d’accéder plus rapidement à la propriété ou de stabiliser sa situation financière.
  • Alléger le règlement de la succession : en retirant l’immeuble de votre patrimoine, vous réduisez les démarches administratives et les décisions à prendre au moment du décès.
  • Clarifier vos intentions : la donation permet d’organiser la transmission selon vos volontés actuelles et d’éviter des conflits potentiels entre héritiers.

Comment léguer sa maison de son vivant à ses enfants ? Quel est le processus ?

Transmettre sa maison de son vivant exige une planification rigoureuse. Voici les principales étapes à considérer.

1. Évaluer les impacts financiers et fiscaux

Si vous envisagez de faire une donation de votre vivant, il est essentiel d’en mesurer les répercussions sur votre situation financière globale, notamment en ce qui concerne votre retraite et votre sécurité financière à long terme. Il faut également tenir compte des conséquences fiscales possibles, en particulier en matière de gain en capital. Voici les coûts à prévoir :

  • Frais de notaire : généralement entre 1200 $ et 1400 $, incluant l’enregistrement au registre foncier.
  • Évaluation de la propriété : environ 450 $ à 800 $, selon la région et la complexité du dossier.
  • Impôt sur le gain en capital : sauf si la résidence principale est admissible à l’exemption prévue par la loi.

2. Consultez des professionnels

Avant de procéder, il est recommandé de consulter un notaire et, au besoin, un fiscaliste ou un planificateur financier. Ces professionnels pourront valider la structure de la donation et s’assurer qu’elle respecte les règles juridiques et fiscales applicables à votre situation.

Don d’argent

3. Signer un acte de donation

La donation d’un immeuble doit obligatoirement être officialisée par un acte notarié et publiée au registre foncier. Cette formalité rend le transfert officiel et opposable aux tiers.

4. Mettre à jour votre testament

Après une donation, il est important de revoir votre testament afin d’assurer la cohérence de votre planification successorale et d’éviter toute ambiguïté quant au partage de vos autres biens.

Le don d’équité : une alternative à la donation complète

Si vous souhaitez aider vos enfants à devenir propriétaires sans leur céder entièrement votre maison, le don d’équité peut constituer une solution intéressante.

Le don d’équité consiste à vendre la propriété à une proche à un prix inférieur à sa valeur marchande. La différence entre le prix réel du marché et le prix de vente représente le don. Ce montant peut alors servir de mise de fonds pour l’acheteur. Concrètement :

  • L’enfant achète la propriété à prix réduit ;
  • La portion accordée en rabais est considérée comme la mise de fonds ;
  • La transaction doit respecter les exigences du prêteur et être appuyée par une évaluation professionnelle.

Cette stratégie est souvent utilisée dans un contexte familial pour faciliter le transfert d’un immeuble tout en permettant au parent de récupérer une partie de la valeur du bien.

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